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Vendor locking : comment éviter de rester prisonnier d'un outil

Écrit par Simon 4 minutes
Un ecran de protection ferme a cote d'une fenetre restee ouverte.
Résumé rapide

Le verrouillage fournisseur ne se constate jamais au démarrage. Il se découvre le jour où vous voulez partir. Voici ses causes, ce qu'il coûte vraiment, et comment le limiter avant de s'engager.

Le verrouillage fournisseur ne se constate jamais au démarrage.

Il se découvre le jour où vous voulez partir.

À ce moment-là, la question n’est plus de savoir si l’outil était bon. Elle est de savoir ce que vous pouvez emporter : vos données, oui, presque toujours. Votre modèle de données, parfois. Vos écrans, vos automatisations, votre logique métier — presque jamais.

Ce n’est pas une malveillance des éditeurs. C’est la conséquence mécanique d’un modèle où l’outil fait tout : plus il vous simplifie la vie, plus il détient ce qui fait fonctionner votre application.

Le sujet mérite d’être traité au départ, pas quand la facture triple ou que la feuille de route de l’éditeur part dans une direction qui ne vous convient pas.

Voici d’où vient ce verrouillage, ce qu’il coûte réellement, et les précautions qui le limitent sans renoncer à la vitesse.

D’où vient le vendor locking ?

Les outils no-code sont souvent caractérisés par des fonctionnalités propriétaires qui sont conçues pour être utilisées sur leur propre plateforme. C’est dans l’intérêt de l’outil de vous garder le plus longtemps. C’est d’ailleurs un des indicateurs le plus regardé dans le monde des SaaS : le taux d’attrition (le pourcentage de clients perdus qui ne renouvellent pas leurs achats ou qui quittent l’entreprise sur une période donnée). Mais l’intérêt de l’éditeur n’est pas aligné avec le vôtre. Votre intérêt est d’être libre. L’éditeur va donc tout faire pour vous faire rester :

Mais l’enfermement peut aussi venir des prestataires de services :

  • Abonnements des outils pris à votre place
  • Documentation partielle pour l’administration de l’outil
  • Non-partage des accès en production

Ces pratiques vont restreindre votre liberté de changer d’outils et de prestataires. Quelles en sont les conséquences ?

Quelles conséquences pour vous ?

Qui dit manque de liberté, dit dépendance. Vous devenez dépendant d’un produit ou d’un service et vous n’avez plus de levier de négociation auprès de lui.

Le premier impact est celui du prix.

Prenons Zapier, outil d’automatisation facile d’utilisation, gratuit dans un premier temps et que l’on recommande chaudement d’ailleurs pour commencer dans le merveilleux monde des automatisations.

Ils s’intègrent avec tous les outils, du coup vous allez connecter un, puis deux, puis cinq outils entre eux. Vous allez construire une série de “zaps” (scénario d’automatisation), comprendre la puissance de l’automatisation. Rapidement vous allez devoir passer sur un plan supérieur, puis un autre. Puis sans vous en rendre compte (ou presque), pour vos 10.000 opérations par mois, vous allez devoir payer plus de 100€ mensuellement.

On va donc vous dire de passer sur Make qui pour le même nombre d’opérations coûtent 10 fois moins cher. Sauf que vous allez devoir migrer toutes vos automatisations d’un service à un autre. Tout refaire. Tout reconnecter. Tout tester. Avec une logique un peu différente parfois. Coût de migration : entre 1000 et 5000€ selon le nombre de vos automatisations. Du coup, vous allez peut-être rester sur Zapier. Pour combien de temps et donc d’argent ?

Le second impact est celui du manque d’objectivité sur les fonctionnalités.

Si vous ne jurez que par un outil, vous risquez de vous faire enfermer dans sa façon de fonctionner et ses fonctionnalités.

Si l’outil ne permet pas de faire certaines choses, vous allez procéder à des contournements, alors que potentiellement c’était le bon moment pour changer d’outils.

Si vous parlez à un expert Softr qui ne maîtrise que cet outil, il ne saura pas forcément bien vous conseiller sur le moment où il faudra passer sur WeWeb ou Bubble. Si vous parlez à un expert Gilde, il vous conseillera Glide pour tous vos besoins, alors que cela ne sera pas toujours l’outil le plus pertinent en fonction de votre besoin.

C’est d’ailleurs pour cela que chez Bienfait nous voulons rester agnostiques des outils. Certes, nous ne serons pas les meilleurs sur certains outils, mais au moins nous ne serons pas enfermés.

Dernier impact : la perte le contrôle.

Le no-code redonne le contrôle, mais si vous confiez sa puissance à un éditeur ou à un prestataire, vous risquez de perdre la main.

Oui pour confier une partie de vos outils chez des éditeurs et des prestataires, non à la dépendance totale vis-à-vis d’eux.

Comment éviter ou limiter le vendor locking ?

Tout d’abord, il est important de sélectionner des outils qui sont compatibles avec d’autres outils et plateformes. De plus en plus (bien que nous alertions sur le contraire un peu plus haut), les outils no-code sont ouverts, que ce soit de par leurs APIs ou par des fonctionnalités d’import et d’export efficaces.

Ensuite, il va être important de choisir l’outil le plus adapté au besoin du moment et au besoin du futur proche afin de limiter les changements d’outils, qui peuvent être coûteux. C’est un doux et savant mélange entre la sélection d’un outil un tout petit peu surdimensionné par rapport au besoin actuel mais pas trop non plus pour être pertinent tout de suite. Cela nécessite une connaissance des forces et faiblesses des outils du marché, de leurs fonctionnalités et de leurs plans tarifaires.

Nous l’évoquons dans beaucoup de nos articlesmais il est important de le rabâcher : documentez. La documentation est une des clés pour garder la main sur vos outils, que ce soit vis-à-vis d’un éditeur pour migrer vers un autre outil, ou vers un prestataire pour reprendre l’administration d’un produit.

Pour finir, il nous paraît primordial d’insister sur ce point : développer des compétences transférables vous rendra libre. Libre de travailler sur plusieurs plateformes no-code, de bénéficier du meilleur de chaque outil mais aussi d’utiliser au mieux les compétences des têtes bien faites qui travailleront sur vos projets.

Questions fréquentes

D'où vient le vendor locking ?

De l'intérêt de l'éditeur, qui n'est pas le vôtre. Le taux d'attrition est l'indicateur le plus suivi du monde SaaS : chaque plateforme est construite pour vous retenir. Votre intérêt, lui, est d'être libre de partir.

Comment un éditeur vous retient-il concrètement ?

Par cinq leviers : l'impossibilité d'exporter en CSV ou en code alors que l'import est facilité, la difficulté des transferts de données vers l'extérieur, la fermeture des API, l'abonnement annualisé plus avantageux, et l'évolution des offres qui rend le retour en arrière coûteux.

Le verrouillage peut-il venir du prestataire ?

Oui, et on l'oublie souvent. Trois pratiques : les abonnements aux outils pris au nom du prestataire, une documentation partielle sur l'administration de l'outil, et le non-partage des accès en production.

Quelles conséquences pour l'entreprise ?

La perte de liberté de changer d'outil ou de prestataire. Le jour où les tarifs augmentent, ou où la feuille de route de l'éditeur diverge de vos besoins, vous n'avez pas de porte de sortie.

Comment limiter le vendor locking ?

Trois précautions dès le départ. Vérifier ce qui s'exporte, et le tester avant de s'engager. Détenir vous-même les abonnements et les accès en production. Et exiger une documentation qui permette à quelqu'un d'autre de reprendre la main.

Écrit par
Simon
Co-fondateur , en charge du commercial de l'agence
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